Kerouze

Kerouse est sans doute l'une des plus belles cartes de visite du chanteur (Louis Capart ne s'y trompera pas, qui en fera une magnifique reprise en 1997, dans son CD Rives gauches de Bretagne et d'ailleurs, avec la chaleur, l'intéligence et la sensibilité qu'on lui connait). Dans le fabuleux mouvement d'orgue de l'intro, emporté dans les cahotements d'une guitare itinérante, Claude Besson adresse, de son exil parisien, une des prières les plus émouvantes qui soient à son pays natal qu'il ne retrouvera définitivement qu'en 1978 :

" Voyage où tu le veux

Mais n'oublie pas de passer par chez vous

Voyage, ouvre les yeux

Si tu vois Kérouze, plie les genoux (...)

À Kérouze, viens faire un pélérinage

L'horizon te montrera le chemin "

De son pays qui défile, se découvrant à l'horison en longues étendues sous le vent, Besson dévoile le sens de ce retour vibrant, alors que roulent au lointain les grondements sourds des percussions :

" Regarde l'immensité

La lande a rendu sa coiffe de dentelles

Comment peut s'émerveiller

À regarder une terre universelle ?

Des machines ont déraciné nos bocages

Ont tari la source de nos chansons. "

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